La guerre des live-feeds : les marques doivent-elles s’y engouffrer ?

Depuis quelques semaines, une bataille entre titans est en train de se mettre en place sur internet : celle pour le contrôle des live-feeds. Et en guise d’acteurs principaux, Twitter et Facebook. Que doivent en penser les marques et les spécialistes du marketing Facebook ?

Tout d’abord, petite précision sur ce qu’est un live-feed. Comme vous devez le savoir, l’une des fonctionnalités les plus utilisées de Facebook est le statut, avec sa fameuse question « What’s on you mind ? ». Les utilisateurs y indiquent leur état d’esprit, ce qu’ils sont en train de faire, etc…

Récemment, Facebook a remanié sa page d’accueil afin d’y faire apparaître de manière beaucoup plus visible les statuts des amis, mettant ainsi cette fonctionnalité encore plus au coeur du système.

Il faut dire qu’en face il y a un spécialiste du live-feed (il ne propose même que ça) qui est en train de croître à une vitesse incroyable (25M VU par mois environ) et qui commence à inquiéter Facebook : c’est Twitter.

Il y a donc une tension actuellement sur le web autour de la bataille du live-feed, et un certain nombre d’analystes considèrent que c’est l’avenir du web qui est en train de se jouer.

Cependant, que doivent en penser les marques et les spécialistes du marketing Facebook ?

Il y a eu quelques expériences récemment d’utilisation de Facebook sous la forme de widget-live feed. Ainsi, lors du match de demi-finale de ligue des champions entre Barcelone et Chelsea (comprenez l’une des meilleures audiences télévisuelles de l’année), TF1.fr a proposé aux internautes qui visionnaient le match sur son site de le commenter en direct via leur statut Facebook grâce à une subtile intégration du live-feed au site TF1.fr.

On avait aussi précédemment vu CNN utiliser le même système lors de sa retransmission de l’investiture d’Obama et qui avait rencontré un succès impressionnant :

- 600,000 status updates postés sur le Live Feed Facebook de CNN.com

- En moyenne 4,000 status updates par minute pendant le broadcast

- 8,500 status updates ont été postés durant la première minute de diffusion du speech

- “des millions” de membres se sont logués via leurs comptes Facebook pendant la diffusion

- 13,9 millions de livrestreams ont été erengistrés (record de 5,9M lors du jour de l’élection battu)

- +3,8M de fans sur la page Facebook et +550.000 posts sur le Wall (un autre record battu)

A notre sens, les marques doivent cependant rester prudentes à ce sujet pour deux raisons :

Tout d’abord, il n’est pas absolument évident que le web s’oriente vers un mélat de live-feeds où tout le monde raconterait à tout le monde ce qu’il est en train de faire en permanence. Certes on voit l’effet ego-centrique qui explique sans doute une part du succès de Twitter aujourd’hui, certes cette plateforme connait une croissance relativement incroyable actuellement, mais comment en générer du business ? Sur Facebook, on a bien compris le business qui était faisable, et cela se déploie de plus en plus : il y a une vraie valeur ajoutée à trouver au service. Mais sur Twitter … Comment les marques vont-elles utiliser cet outil autrement que pour du buzz ? Et s’il n’y a pas de business à faire, y aura-t-il encore des financements, des intéressés, et des médias pour parler de Twitter une fois l’effet de mode passé ?

D’autre part, on constate sur les exemples cités que les secteurs qui peuvent tirer un vrai profit du live-feed sont relativement restreint : il y a évidemment l’audio-visuel, toujours à la recherche du business model qui leur permettra de survivre à la chute inéluctable des budgets pub TV. Il y a aussi potentiellement les marques capables de répondre à des besoins instantanés. Mais c’est à peu près tout. Pour les autres marques, le live-feed doit pour le moment rester plus une guerre de mode entre techies qu’un enjeu marketing majeur pour l’année.



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